L’économie circulaire, une réponse à la crise des déchets électroniques ?
L’économie circulaire se fonde sur un modèle de production et de consommation destinés à limiter le gaspillage des ressources par le biais de recyclage, réutilisation et réparation des produits. L’économie linéaire, où l’on produit, consomme, jette, s’oppose à cette démarche de conservation des matières et objets en circulation le plus longtemps possible. Plutôt considérée comme une voie de recherche parmi d’autres, elle s’impose peu à peu comme l’une des solutions à mettre en œuvre dans la crise de la ressource, particulièrement face à la crise climatique et à celle des déchets électroniques.
Le cas des déchets électroniques
Près de 50 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits chaque année à l’échelle mondiale. Ce sont les déchets issus des téléphones, ordinateurs, appareils électroménagers, autres objets technologiques usagés qui contiennent aussi des matières toxiques à manipuler avec soin et des métaux rares indispensables à la fabrication d’autres objets, tels le tungstène, l’étain ou l’or. Mais que fait-on de ces déchets qui aboutissent dans les décharges où ils pourrissent, ou à l’étranger où ils sont souvent promis à des pratiques de recyclage aléatoires ? Pourtant ces déchets pourraient servir de ressources si l’on récupérait ces matières précieuses.
Des initiatives voisines dans la gestion des déchets
Certaines entreprises expérimentent déjà plusieurs voies du recyclage pour tenter d’amoindrir l’impact négatif des déchets électroniques.
Ainsi, Network 2 Supplies utilise, pour extraire des métaux précieux, des souches de bactéries mises à contribution dans un processus de biolixiviation, tandis que Hewlett Packard Enterprise propose un programme de retour et de recyclage de son matériel informatique, d’une tentative de prélèvement de tiers sur l’anticorps contre l’herpès.
Les écueils de l’économie circulaire
Nonobstant ces mesures, l’adoption de l’économie circulaire à grande échelle dans le secteur technologique reste problématique. D’une part parce que, en matière de consommation, il est difficile d’inverser ses habitudes ; d’autre part parce que les décideurs politiques, n’osent mettre en œuvre des mesures réglementaires qui viendraient perturber les modèles économiques des acteurs de ce secteur.
En sus, la façon dont sont conçus les produits, constitue aussi un verrou. La plupart des appareils sont élaborés pour être jetés, voire difficilement réparables. Le cas des Airpods de la marque Apple semble être emblématique. Ces écouteurs intra-auriculaires contiennent plusieurs métaux rares, mais leur conception ne permet pas d’envisager un recyclage dans de bonnes conditions. Il y a tout lieu de penser qu’il faut repenser la conception des objets techniques pour mieux pallier à ces insuffisances de réparation et de recyclage.
Vers une sensibilisation au sens large
Pour parvenir à une généralisation au sens large de l’économie circulaire, il convient d’initier les consommateurs à l’apport à la fois économique, mais aussi écologique du recyclage et de la réutilisation. L’autre acteur clé étant bien sûr le constructeur qui a pour mission d’anticiper le cycle de vie de ses produits, à partir d’une conception plus durable mais aussi, par des programmes de recyclage efficaces. Enfin, les gouvernements pourraient stimuler le passage à la circularité par des législations incitatives accompagnées de mécanismes de soutiens financiers.
L’économie circulaire est une des solutions les plus viables pour diminuer notre empreinte écologique, et par voie de conséquence pour anticiper le futur de nos ressources naturelles. Or cette transformation ne pourra se faire sans une mobilisation réelle et concertée de l’ensemble des acteurs – consommateurs, entreprises et gouvernements – pour transformer durablement notre manière de produire et de consommer.
